Les trois preuves


Les Trois Preuves - la preuve littérale (mon shô), la preuve théorique (ri shô) et la preuve concrète (gen shô) ¬constituent trois critères pour évaluer la validité d'une voie spirituelle.

La preuve littérale

Dans le bouddhisme, une doctrine ou des principes religieux répondent au critère de la preuve littérale s'ils sont fondés sur le texte des sûtras et s'ils s'appuient sur des écrits bouddhiques. Nichiren Daishonin écrit:

« ... il faudrait accepter ce qui est clairement établi dans le texte des sûtras, mais rejeter tout ce qui ne peut être soutenu par le texte. » (Conversation entre un sage et un ignorant, GZ, p. 482 - L&T, vol. 5, p. 75)

Nichiren Daishonin nous avertit d'utiliser les doctrines fondées sur les sûtras et de ne pas accepter celles qui ne le sont pas. En effet, tout enseignement qui ne découle pas des textes bouddhiques n'est qu'une interprétation arbitraire et personnelle. Nichiren Daishonin réfute par exemple les doctrines de l'enseignement de la Voie sacrée (Shôdômon) et celles de la Terre pure de l'école jôdo comme des interprétations personnelles qui ne se fondent pas sur les enseignements du Bouddha.

Certains prétendent qu'il existe une transmission "spéciale" et secrète (ésotérique), une vérité cachée en dehors des textes bouddhiques, mais en citant Dengyô, Nichiren Daishonin affirme qu'il ne faut pas accorder foi à leurs dires:

« Fiez-vous aux enseignements du Bouddha, et non aux enseignements transmis oralement. » (GZ, p. 482 - L&T, vol. 5, p. 75)

Si nous, disciples de Nichiren Daishonin, voulons comprendre son bouddhisme, l'attitude correcte consiste à le rechercher dans le Gosho qu'il nous a laissé pour connaître et comprendre les sûtras. Accorder plus d'importance à une transmission orale ou "spéciale" et négliger ou contredire le Gosho, c'est dénaturer l'enseignement de Nichiren Daishonin.

La preuve théorique

C'est celle qui détermine si les doctrines religieuses sont conformes ou non à la raison. Nichiren Daishonin dit dans le guide suprême du monde: « Le bouddhisme s'accorde avec la raison. » (GZ, p. 1169 - L&T, vol. 3, p.270)

Le bouddhisme doit toujours être conforme à la raison et il ne faut jamais suivre une doctrine qui n'est pas raisonnable.

Il dit encore, en citant Tien-t'ai: « Ce qui est en accord avec les sûtras doit être accepté et pris en considération. Mais ne prêtez aucune foi à ce qui s'en écarte dans la lettre ou dans l'esprit. » (Traité pour ouvrir les yeux - II, GZ, p. 219 - L&T, vol. 2, p. 182)

Il dit encore, en citant Tien-t'ai: « Ce qui est en accord avec les sûtras doit être accepté et pris en considération. Mais ne prêtez aucune foi à ce qui s'en écarte dans la lettre ou dans l'esprit. » (Traité pour ouvrir les yeux - II, GZ, p. 219 - L&T, vol. 2, p. 182)

Ainsi, il nous avertit de ne pas croire à des doctrines qui ne sont conformes ni à la preuve littérale ni à la preuve théorique.

La preuve concrète (Autrefois traduit par preuve actuelle, de l'anglais actual proof)

C'est la preuve tangible, l'évidence concrète qui démontre si un enseignement permet ou non d'obtenir des résultats, des améliorations réelles dans la vie quotidienne et dans la société. Une religion ne se limite pas à la recherche d'un idéal, ou à une pure introspection. Elle exerce une grande influence, bonne ou mauvaise, sur la vie quotidienne et sur l'environnement social. Ce résultat dans la réalité devient ainsi un critère d'évaluation. Nichiren Daishonin dit: « Pour établir la valeur relative des doctrines bouddhiques, moi, Nichiren, je suis convaincu qu'il n’y a pas de meilleurs critères que la raison et la preuve donnée par les textes. Plus décisive encore que les preuves littérale et théorique, est la preuve concrète. » (La prière pour la pluie, GZ, p. 1468 - L&T, vol. 6, p. 124)

La preuve concrète est la plus importante parce que le bouddhisme a pour objectif de sauver tous les êtres humains de la souffrance, dans la réalité quotidienne. Ainsi, Nichiren Daishonin précise qu'il faut évaluer la supériorité et la profondeur de ce bouddhisme selon le triple critère des textes, de la raison et des résultats concrets.